Les jeunes quittent Ilha Grande avec regret… Eliott n'est pas mécontent à l'idée de ne plus être harcelé par les moustiques. On se rend dans le Minas Gerais en bus de nuit, 8 heures de route en perspective. Pas de chance, il s'avère impossible d'acheter les billets par internet ou téléphone, on doit donc se rendre à la gare routière d'Angra dos reis par le bateau de fin de matinée pour être sûrs d'avoir de la place dans le bus. 

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La gare routière d'Angra dos reis est comme toute les gares routières, sans intérêt, en zone hostile. En plus, il pleut. Pendant ce voyage, nos enfants se révèlent d'une patience d'anges. On attend le bus pendant 6 heures, chacun s'occupant d'Eliott à tour de rôle et inventant de nouvelles occupations (ballons de baudruche, suivi des lignes, cache-cache, téléphone public, course poursuite, dégustation de frites…). À la fin, quand même, on en a bien MARRE !  

gare routiere Angra dos reis

Mais voilà notre bus, pile à l'heure. On est tout contents de déposer nos bagages dans les soutes, on s'apprête à monter et à nous écrouler sur les sièges grand confort. Le chauffeur nous demande alors nos papiers. Quoi nos papiers ? Ben oui, les passeports. Les passeports des enfants et notamment celui d'Eliott qui a moins de douze ans. Aïe aïe, nous avons quitté Rio avec une navette plus ou moins autorisée (au vu du stress des organisateurs et du paiement en liquide un peu speed) et personne ne nous a parlé des passeports. On les a donc naïvement laissé à Rio dans l'appartement de nos cousins en attendant de prendre l'avion du retour. Mais quitter l'état de Rio pour aller dans celui du Minas Gerais avec des enfants, ça coince.

Les sacs sont sortis des soutes, on nous demande d'aller voir la police demain matin et de prendre un autre bus. On s'imagine alors passer la nuit là, dans cette gare routière entre les toilettes payantes et les 3 tables du café ou partir sous la pluie à la recherche d'un hôtel pour 6. On fait tous une de ces têtes…

Le chauffeur est embêté pour nous. On tente de trouver des débuts de prémices de germes de solutions, heureusement qu'on a appris un peu le portugais et que les Brésiliens sont souvent prêts à discuter ! Clément a eu la bonne idée de mettre des scanns de nos passeports sur un site, ça nous sauve. Le chauffeur semble prêt à changer de position. Ils partent à la recherche d'un ordinateur et ils impriment la copie du passeport d'Eliott avec une vieille imprimante à ruban. Le chauffeur revient content, il a deux impressions illisibles à montrer aux autorités. On pousse un grand ouf! en remettant les bagages en soute et on monte pour la nuit de trajet.   

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Le bus est confortable mais les routes sont tellement pourries que la nuit est bien agitée. Le bus s'arrête régulièrement et à chaque arrêt, j'entends le chauffeur parler de toute une famille de six personnes, j'imagine que c'est nous et que bientôt on va nous demander de descendre. 

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Heureusement, on arrive à Conselheiro Lafaiette sans encombre à 6 heures du matin. Plusieurs personnes zonent dans la gare. Un monsieur charmant nous conseille de prendre un bus pour Nova Lima où nous pourrons en prendre un autre pour Ouro Preto. On n'a pas de carte sous les yeux, les vendeurs, eux, sont tout à fait désagréables… on finit par faire ce qu'il nous suggère. Le bus est fatigué, les gens qui l'utilisent descendent en rase campagne au milieu de nulle part. Et nous voilà arrivés à Nova Lima. Un chien profite des restes de petit-déjeuner. Plus qu'une heure d'attente et une demie-heure de trajet pour Ouro Preto. 

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Quand Ouro Preto apparaît, je me sens bien soulagée. Uma linda cidade ! Une ville à taille humaine, aux collines flanquées d'églises blanches. Les toits en tuile rouge, les petites rues pavées où on peut circuler à pied, la température de 20°C, tout ça me va très bien.  

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